Depuis le 1er janvier 2006 vous êtes sur le site de Daniel LAURENT rédacteur et auteur halieutique indépendant
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les bons coins de pêche dans le Gard

LES CONTRE-CANAUX DU RHÔNE VERS ARAMON
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uide technique et carnet de bord d’un pêcheur exigeant
Plongez vos lignes dans l’un des secrets les mieux gardés du Vaucluse/Gard : le réseau de contre-canaux qui longe le Rhône entre Avignon et le barrage de Vallabrègues.


Ici, la pêche devient une science, un art de la précision où chaque amorce, chaque réglage de flotteur et chaque mètre de fil comptent. Ce sujet vous emmène rive droite et rive gauche, décortique les espèces, les techniques gagnantes et détaille les accès pour transformer une matinée calme en véritable session mémorable.

Présentation du site
Le Rhône, entre Avignon et Vallabrègues, déroule sa silhouette canalisée, accompagnée de bras d’eau tranquilles sur les deux rives. Ces contre-canaux, longs de plusieurs kilomètres, sont des terrains de jeu privilégiés pour les compétiteurs au coup à la grande canne, l’anglaise et le feeder, mais offrent aussi d’excellentes possibilités pour pêcher les carnassiers.
Peu fréquentés par les pêcheurs locaux, qui préfèrent rivières cévenoles et étangs, ces canaux gardent une richesse halieutique et une technicité qui satisferont les plus pointilleux.
Pourquoi la pêche en canal est-elle si technique ?
Contrairement aux étangs où la pêche peut se contenter d’efficacité brute, la pêche en canal exige finesse et lecture du poste. Courants résiduels, variations de profondeurs, herbiers et bancs mobiles d’espèces qui rendent chaque coup unique. L’amorçage, précis et modulé, est la clef : ni trop, ni trop peu, et surtout adapté à à la météo et à la nature du poisson visé.

SUIVEZ LE GUIDE

- Rive gauche (idéal pour la pêche au coup) : parcours calmes, riches en poissons blancs.
- Rive droite (préférence carnassiers dans les zones larges) : les meilleurs postes pour les brochets et les sandres, notamment en bordure des herbiers et près des zones de courants.
Les canaux mesurent en moyenne 30 mètres de large ; adaptez la portée et la stratégie selon la distance et la profondeur.

Les espèces à connaître

Poissons blancs dominants : ablettes, gardons, brèmes, mulets, carpes, barbeaux, chevesnes, tanches, carassins, rotengles.
Carnassiers : brochets, sandres, perches, anguilles.
Chaque espèce impose son tempo, des ablettes nerveuses au coup, aux brèmes profondes et méthodiques, jusqu’aux brochets furtifs embusqués.

Techniques recommandées
- Grande canne : pour la précision sur les coups larges et la capture des beaux gardons et brèmes.
- Anglaise et feeder : polyvalence, efficacité sur différentes couches d’eau.
- Leurres : pêche déambulatoire pour brochets et perches (attention aux herbiers).
- Pêche au posé / carp fishing : pour les carpes présentes en nombre.
- Ligne tendue avec poisson mort sur le fond : très efficace pour les sandres.
- Vif « baladeur » en bordure : technique payante pour traquer le brochet sous les herbiers.

Le contre-canal de droite: les détails qui font la différence
Appât roi : le ver de vase (hameçon n°22–24) pour les fritures et les ablettes. Pour les gardons de taille correcte (100–200 g), un panache vaseux complété par des pinkies fait merveille (hameçon n°18–20).
Préconisez un bas de ligne 6–8/100 et une ligne principale 8–10/100.
Flotteur : fusiforme ou olive allongée, ultra-sensible (0,30–0,50 g) avec antenne et quille fer.
Distance : la pêche des beaux poissons s’opère souvent à 12 m.
Traîner légèrement sur le fond pour cibler gros cyprins ; décoller l'appât pour carassins et gardons moyens.
Bordure : pêche nerveuse pour ablettes et rotengles.
Carnassiers : sandres et brochets n’hésitent pas à s’approcher des amorces ; la pose d’un mort-posé sur le fond, dans le nuage d’amorce est quasi incontournable. Si vous optez pour les leurres, soyez prudent : les herbiers peuvent vite vous coûter du matériel.

Le contre-canal de gauche: la pelote des blancs
Peuplé d’une large variété de blancs — chevesnes, tanches, carassins, rotengles et ablettes, ce parcours se prête à différents profils d’amorçage selon la saison :
- Été : amorce claire sur le fond, légèrement nuageuse et sucrée pour attirer carpes, brèmes et carassins.
- Pour rassembler des gardons : granulométrie moyenne, teinte plus foncée, parfums: coriandre, vanille ou chènevis.
Astuce : une touche <d'attractif> peut compenser la discrétion des eaux.
La fiente de pigeon, traditionnelle chez certains pêcheurs du Nord, est facultative ici mais sa mécanique de diffusion peut parfois aider... testez en petite quantité avant de généraliser.
Carnassiers : brochets présents en nombre et capables d’atteindre de belles tailles ; anguilles et perches fréquentes près du barrage. La technique du vif baladeur, qui laisse le petit poisson évoluer, est très utile pour surprendre un brochet embusqué sous les herbiers.

Amorçage : principes et recettes express
- Fractionnez l’amorce : petits lots réguliers pour garder le spot actif.

- Mélange type pour gardons/brèmes : base farine/semoule, quelques granulés 2–4 mm, amorce sucrée pour la période chaude, et un attractant coriandre/chènevis pour tenir les gardons.
- Pour la friture : granulométrie plus fines, asticots/pinkies en complément.
- Évitez la surdose : un trop-plein d’amorce disperse les poissons et épuise l’intérêt du coup.

Accès et logistique — comment s’y rendre
- Contre-canal rive gauche.
À la sortie d’Aramon par la D2 en direction d’Avignon, franchissez le pont sur le Rhône. Dès la sortie du pont, tournez à droite sur la D135 direction Vallabrègues. Après ~3 km, longer la route des canisses puis un pont s’ouvre sur le canal et le Rhône.
- Contre-canal rive droite : À la sortie d’Aramon, prendre la D2 direction Beaucaire. Au niveau de la grande cheminée, prenez le chemin de halage sur la gauche.
Environ 4 km de postes accessibles jusqu’au lieu-dit « les taureaux ».

Conseil pratique : prévoyez un chariot pour transporter matériel et amorces sur les postes plus reculés. Respectez les accès privés et les zones protégées.

Sécurité et éthique
Respectez les réglementations locales (secondes catégories, tailles légales, quotas), ramenez vos déchets et adoptez la capture-remise à l'eau pour les carnassiers ou si vous souhaitez simplement préserver le potentiel du canal.
Les berges peuvent être glissantes ou encombrées d’embâcles, privilégiez des chaussures adhérentes et signalez votre présence si vous vous installez pour un poste de longue durée.

Conclusion - pourquoi venir pêcher ici ?

Le contre-canal du Rhône vers Aramon est un terrain d’entraînement idéal pour les pêcheurs exigeants : diversité d’espèces, technicité des coups et satisfaction garantie quand la tactique paye.
Que vous soyez adepte de la grande canne, du feeder chirurgical ou du leurre malicieux, ce site offre des rencontres authentiques de la gente piscicole, loin de l’affluence.
Emportez dans votre musette de la patience, de la précision, un bon petit kit d’amorçage, une casquette et prévoyez des boissons fraîches dès le mois de mai, ici il fait vraiment très chaud ... le canal vous récompensera.

à bientôt au bord de l'eau...
JOUR DE PÊCHE

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Une journée "carpe"entre amis
Le matin s’ouvrit sur un ruban de brume posé au-dessus du contre-canal, en amont du barrage de Vallabrègues. Nous étions quatre, sacs pleins, tasses fumantes à la main et bras chargés de cannes et d' bassines d'amorces; l’air sentait le romarin et le café froid. On se connaissait depuis des années, mais la pêche de la carpe restait une cérémonie : rires échangés, conseils murmurés, vérifications minutieuses des montages.

Pour la technique, nous pratiquerons la carpe au coup : des carpes communes sauvages nécessitant un amorçage discret et une lecture fine du comportement flotteur.
J'envisage une pêche vers 9.50 m;
le canal n'est pas très large mais je pourrai ajouter 2 brins pour pêcher plus loin si besoin ou pour contrer les "carpounettes si elles deviennent" plus véloce que prévue. Une canne légère mais robuste, idéale pour la pêche au coup des beaux poissons.

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Matériel et montage
Mon montage est simple mais fiable :
- Canne à emmanchements de 11.50m
- Elastique intérieur Hybride 2.4mm sur un kit et 3.4mm sur un second.
- CDL en 0,22 mm
- BDL en 0,18 mm
- Flotteur type bouteille de 1,2 gr fil intérieur, fixé par 2 gaines
- Flotteur
- Hameçon fort fer n°6, adapté aux appâts (pâte et lombrics)
- Hameçon au cheveu n°6 sans ardillon (miro bouillette et pellet).

Les flotteurs sont à fil intérieur. Un modèle sensible mais bon porteur avec antenne et quille fibre, et un second plus porteur mais permettant de déceler la moindre hésitation d’une carpe fouilleuse. Les fonds sont meubles, vaseux

L’amorce, cœur de notre stratégie, avait été préparée la veille. Mélange de terre noire, pellets broyés et un soupçon de farine de maïs, tamisé pour obtenir une granulométrie fine : l’idée était d’obtenir un nuage persistant qui s’éparpille doucement.
Le mouillage fut progressif, à l’eau du canal, jusqu’à obtenir une pâte cassante, idéale pour se déliter sur le fond sans former une croûte.
En guise d’appât, nous utilisions des micro-bouillettes maison, des pellets et des graines de maïs (et quelques maïs flottants pour varier les touches).
Le principal amorçage consistait en boules de 60–70 mm déposées en début de partie, suivies d’un rappel régulier : petites poignées tous les huit à dix minutes pour maintenir l’activité sans rassasier.

Le coup monte crescendo.
Notre poste, creux naturel proche d’un herbier, retenait l’attention.
Mes amis optèrent pour des variantes : l’un préféra un montage inline pour limiter les emmêlements, l’autre un montage à clip pour pouvoir décrocher rapidement.
J’observai comment chacun lisait le flotteur, ajustait sa plombée dégressive et contrôlait l’élasticité de l’élastique intérieur pour amortir les départs violents. L’avantage sur nos voisins ? La régularité : alors qu’eux dispersaient des poignées brouillonnes, j'entretenais un nuage précis et constant, attirant les carpes sans les effrayer.

Puis vint la première lourde touche.
Le flotteur disparut d’un coup et la canne se cambra comme un arc. Le combat fut superbe : la carpe, puissant banc de muscles tentait de décrocher l'hameçon; l'élastique se tendit et elle prit de la ligne en courses rapides cherchant le fond.
L’équipe se mobilisa, épuisette tendue, et durant ces instants, le monde extérieur s’évanouit. Le secret, nous le savions, était d’accompagner la bête, de ne pas la contrarier ; la canne en emmanchements offrait cette réserve progressive qui évitait de casser le nylon, l'élastique aidant.
Enfin, dans l’épuisette, une belle commune moré-argentée clapotait, lourde et chaude sous nos doigts tremblants.

Les prises se succédèrent, parfois timides, parfois tonitruantes.
À mi-journée, j’ajustai le bas de ligne, raccourcissant légèrement pour « raser » le fond et éviter les accroches, puis j'optai pour un appât plus volumineux : une bouillette pop-up.
Les combats, parfois courts, parfois épiques, forgeaient la camaraderie : on se félicitait, on se conseillait, on partageait des astuces sur la granulométrie et le collant de l’amorce ou l’effet recherché par un additif sucré.
Le rappel était devenu chorégraphie : minuté, surtout discret, presque rituel.
Nous notions les moments de moindre activité pour densifier le rappel, et, quand le vent forcissait, nous renforcions la plombée pour stabiliser le flotteur.
Les succès venaient autant de l’observation que de la force : savoir quand insister, quand laisser reposer le coup.

Fin de journée
En fin d'après-midi les lueurs raisaient la surface et faisaient briller les écailles comme des pièces d’or. La bourriche contenait plusieurs communes dont certaines dépassaient les dix kilos réparties entre nous, mais le bilan n’était pas qu’une somme de kilos; c ’était la chaleur d’une journée partagée, le repas sur le pouce, les conseils murmurés, les rires autour d’un poisson remis à l'eau après la pesée : les carpe reprenaient leur liberté et nous, un peu plus de savoir.

Sur le chemin du retour, les cannes rangées dans leurs housses, nous refîmes les gestes, corrigeâmes les erreurs, et promettions de revenir.
Le contre-canal du Rhône nous avait donné ce qu’il garde de meilleur : des combats mémorables et la certitude que, entre amis, la pêche n’est jamais seulement une question de prises, mais d’histoires partagées.

BONS COINS DE PÊCHE

INFORMATIONS LOCALES

COMMENT SE RENDRE SUR LE PARCOURS

AAPPMA ARAMON.
La Gaule Aramonaise

En venant d’Avignon par la D2, prendre la direction de Montfrin par la D126.
A la sortie d'Aramon prendre la D2 direction Beaucaire.
A hauteur de la grande cheminée prendre le chemin de halage sur votre gauche. Vous disposez de 4 kilomètres de postes disponibles jusqu'au lieu dit "les taureaux".

PARCOURS CARPE DE NUIT
Le Rhône à Aramon et Vallabrègues,
rive droite, 10 000 m du PK 252 au PK 262.

Fédération de pêche du Gard
34 Rue Gustave Eiffel
Zac de Grezan
30034 NIMES
Cedex 1


  • Aramon
    À mi-distance d'Avignon et de Beaucaire, le village d'Aramon
    s'étale en amphithéâtre au pied de son château construit sur un éperon rocheux.
    Offrant de tout temps un abri sûr aux navigateurs, le village développe des l'époque romaine une activité portuaire qui atteint son apogée au XVIIe siècle.
    Huile, vins, sel, céréales partaient d'Aramon vers la France entière.
    Dans les collines, entre Remoulins et Aramon, vous irez à la rencontre des capitelles et vous apercevrez au nord le Palais des Papes, le Mont Ventoux, à l'est les clochers de Saint Michel de Frigolet, au sud la silhouette des châteaux de Beaucaire et de Tarascon.
  • Le château d'Aramon
    Son château du XV ème siècle, remanie au XIX ème est le principal patrimoine du village.
    Le parc méditerranéen, dans la campagne de Château du Plaisir est intéressant à visiter, ainsi que l’église romane d'influence provençale Saint Ancra du XII ème siècle.
  • Tourisme fluvial
    Avec plus de 160 kilomètres de voies navigables, le Gard est une des premières destinations pour le tourisme fluvial.
    Rhône, Petit Rhône et canaux navigables, dont celui de Saint Gilles, attirent chaque année de nombreux touristes, conquis par le charme des péniches, bateaux de croisières et autres embarcations.


le Boissesson canal du Rhône à Sète - les Capettes
le barrage de la Rouvière le Gardon d'Anduze le Grau du Roi - l'Espiguette
le Vidourle à Saint Laurent d'Aigouze l'Arre au Vigan le Pont du Gard - Collias

LE GARD TOURISTIQUE
Découvrez dans le Gard le sable fin des plages méditerranéennes et les contreforts sauvages des Cévennes.
Entre Vidourle et Camargue, les panoramas se répondent en une mosaïque vivante où patrimoine et traditions se conjuguent tout au long de l’année.
Terroir et mer offrent une palette de saveurs au fort tempérament, typiquement méditerranéennes. Le long du Vidourle, des trois Gardons, depuis les arènes de Nîmes ou le Pont du Gard jusqu’à la mer, le département déploie mille merveilles à explorer, des aménagements spécifiques et utiles pour votre séjour pêche.


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