Depuis le 1er janvier 2006 vous êtes sur le site de Daniel LAURENT rédacteur et auteur halieutique indépendant
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les bons coins de pêche dans le Gard

L'AUZONNET
Pêche à la graine sur l’Auzonnet : tanches dorées, gardons et carpes en rivière secrète

Vers la Bégude et Allègre les Fumades, les belles tanches dorées de l'Auzonnet se pêche à la graine... mais les carpes cassent le coup ! L’Auzonnet est une petite rivière dont les berges sont très feuillues, ce qui explique sa richesse piscicole bien cachée, car difficile d'accès. De superbes gardons peuplent ce parcours ; ils sont uniquement déranges par de très belles tanches à l’abri des prédateurs.

L'Auzonnet prend sa source à 550 mètres d’altitude, au pied du château de Portes au quartier de Florac et plus exactement au Valat de l’Infernet. Puis ce ruisseau, qui n'est pas encore une rivière, bifurque au sud-est.
Depuis des décennies, dès sa source, son débit suffit à alimenter un moulin qui broyait les céréales.
Puis il grossit et il se repose devant le Château de la Plane avant de se heurter au massif du Rouvergue qui culmine à 695 mètres ce qui l'oblige à bifurquer le nord-est jusque vers Gour Negre où il reçoit le Valat de Cessous.
Alors il reprend un peu de force et l’Auzonnet traverse le Martinet, Saint-Florent, Les Mages…
A Rochegude, il rejoint la Cèze, affluent du Rhône après une course de vingt-six kilomètres.

Comme je viens de le décrire plus haut, l’Auzonnet est la confluence de plusieurs petits ruisseaux et ses eaux sont très claires, l’approche se doit donc d’être discrète.
Il faut éviter les ombres et trouver un poste accessible pour s'installer : oubliez la station, il n’y a pas de place pour cela.

Accompagnée de mon ami Patrice, nous avons rendez-vous avec Stéphane, un habitué des lieux, qui connaît bien le parcours de la Bégude et il nous fait découvrir un poste favorable derrière une haie de noisetiers et de mûres bien noires.
« Nous aurons le dessert après le casse-croûte » lançais-je à Stephane qui scrute les eaux calmes de la rivière. Une rivière qui prend son temps...
Les poissons sont à une 7 / 8 mètres, au milieu du lit.
Tout est calme.
Stephane a amorcé le soir précédent, ce qui devrait rendre la pêche plus performante.
Nous nous installons dans le silence et dans la bonne humeur et Stéphane procède à un léger rappel à la fronde.

Les gardons sont là !
Des la première coulée Stephane prend un gardon.
De mon côte, j’ai monté une télescopique de 7 mètres mais les arbres me gênent quelques peu, aussi suis-je oblige de pêcher sous la main avec un flotteur de 1gr.
Après quelques tentatives, je trouve une trouée, le bon rythme et les premiers gardons défilent dans la bourriche.
Soudain Stéphane voit son flotteur partir brusquement vers l’autre berge et l’élastique se tend, à la limite de la rupture. Après quelques secondes incertaines, il ramène à l’épuisette une très belle tanche venue se mêler à la gardonnade.
Belle prise.
J'en fais autant quelques minutes plus tard.

Les carpes troublent la pêche
D’autres tanches seront piégées par cette manne providentielle et quelques carpes de trois à quatre kilos viendront à leur tour.
La pêche devient difficile car elles s’alimentent aussi bien sur le fond qu'à mi-eau lors de la descente des graines de maïs frondées …
Après trois heures de pêche nous faisons le bilan de cette pêche « miraculeuse ».
Vraiment une très belle bourriche...
Le blé reste un appât universel que beaucoup de pêcheurs dédaignent à tort, lui préférant l’asticot.
Quel dommage !
Certes, les poissons répondent plus vite aux larves, mais c’est à la graine que se font les plus belles prises.

à bientôt au bord de l'eau...

JOUR DE PECHE

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Une tanche pour Patrice
Le soleil n'était encore qu'une promesse lorsque Stéphane m'appela : « Viens, Patrice, aujourd'hui c'est la tanche sur l'Auzonnet. » Sa voix, chaude et pressée, suffisait à balayer la fatigue de la semaine. J'acceptai sans hésiter.

L'Auzonnet, en aval de Saint-Florent-sur-Auzonnet, avait ce charme discret des rivières de campagne : eau douce qui murmure entre les pierres, berges ourlées d'arbustes, et l'odeur timide de la terre humide au réveil.

Nous arrivâmes avant l'aube.
Stéphane, fidèle à son habitude, avait déjà repéré le poste idéal, site très peu pêché: une berge encombrée d'arbustes, là où la rivière ralentissait comme pour s'étirer. Le lieu n'était pas spectaculaire, moins engageant que notre poste habituel, mais il offrait l'intimité nécessaire pour entendre la moindre touche : une langue d'ombre,un gourg important, protégée des courants, bordée de branches basses qui cachaient les petites huttes d'un couple de castors.

Il posa sa canne à emmanchements sur la fourche d'une branche.
J'aimais la simplicité de cet outil, ses sections s'emboîtant comme les anneaux d'une histoire. Il me la présenta avec une sorte d'affection : la hampe fine la ligne tendue prête à frissonner. « Pour la tanche, il faut de la précision », dit-il. « Pas de fioritures, juste de la patience. »

Vint alors le rituel de l'amorce.
Nous choisîmes un mélange épais à base de chapelure, de pain d'épices, de maïs écrasé; un parfum de miel pour réveiller les habitants des fonds vaseux. Stéphane malaxa le tout avec de l'eau de la rivière (pour eviter le chlore du robinet) , jusqu'à obtenir une boule de la taille d'une noix pour ne pas effrayer les poissons; il lançait ses petites boules doucement, comme on jette des pierres dans un lac pour en mesurer la profondeur. « Il faut que la tanche sente la sécurité », murmura-t-il. « Qu'elle comprenne que c'est un festin sans piège visible. »

La première touche survint doucement, presque timidement.
Je vis le frémissemen du nylon et du flotteur, ce petit « tic » qui trahit la curiosité d'un poisson. Stéphane me tendit la canne. La touche s'affirma, le fil se tendit, puis stop , comme si la tanche, prudente, goûtait la chose. Enfin, un départ plus franc, lourd, lent. La première tanche apparut à la surface, couleur d'olive profonde, comme enfouie dans la mémoire des marais. Sa bouche en cœur avait attrapé l'asticot avec une telle discrétion que nous la saluâmes en silence.

La matinée s'étira en une suite de gestes rituel
Amorcer, poser, attendre, sentir, ferrer. Entre deux prises, nous observions la surface immobile, trouée parfois par le passage d'une carpe qui venait "marsouiner" ou d'une écrevisse quivenait nous chatouiller les pieds. Les tanches, patientes et veloutées, répondaient à notre appel : petites, puis plus grosses, chacune différente, l'une nerveuse, l'autre lourde et obstinée. Les heures glissèrent en bonheur simple, rythmées par le cliquetis du moulinet, le souffle de la rivière et le casse-croûte sorti du sac qui sentait bon les rillettes et la saucisse fraîche.

Les carpes s'invitent
Puis, comme un invité trop bruyant à une fête intime, les carpes vinrent troubler notre ordre. Elles déboulaient en bancs, fouillant le fond, dérangeant la vase, et nos lignes se faisaient désormais tirer par des masses rutilantes et impétueuses. Stéphane grogna avec amusement et un brin d'exaspération : « Elles vont tout remuer… faut tenir le poste. »
Nous tentâmes de les repousser avec des amorces plus fines, des lancers précis, mais parfois l'une d'elles venait se mêler à la danse, lourde et décidée, nous arrachant des prises que nous avions entrevues pour mieux les perdre; cassant nos lignes trop fragiles pour ces missiles de 3 à 5 kilos.

Malgré ce tumulte, la récolte fut généreuse.
Nous comptâmes plusieurs tanches, chacune remise délicatement dans l'eau de l'Auzonnet après un regard complice. La plus belle, une femelle dodue, sembla vouloir nous remercier d'une révérence silencieuse avant de reprendre l'ombre. À midi, la berge paraissait avoir connu une vie : traces de pas, quelques plumes de pie, la pâte d'amorce qui s'effritait. Nous firent le bilan sans autre artifice que le sourire : des poissons, des histoires et la certitude d'avoir partagé quelque chose d'authentique.

Avant de partir, j'osai remercier Stéphane. « Merci », dis-je, simplement. Il haussa les épaules, comme s'il avait accompli un geste naturel. Puis, à voix basse, presque comme une confidence offerte à l'eau : « Garde ça pour toi, Patrice. C'est un coin très à l'abrit qu'on garde entre amis. »
Je promis, non parce que c'était un secret d'or, mais parce que certaines douceurs n'existent que si l'on accepte de les protéger.

Sur le chemin du retour, le soleil penchant dessinait sur l'Auzonnet des reflets d'or et de cuivre. Je pensais à la délicatesse des gestes de la pêche, à la patience récompensée, et à l'amitié qui s'était tissée au fil des lancers.
Le jour avait été simple, mais il laissait en moi une empreinte durable : la mémoire d'une rivière, la chaleur d'une prise, et la promesse d'un secret bien gardé entre nous., à jamais.

BONS COINS ET POSTES DE PECHE



1. Itinéraire Classique (Rapide et Direct)
Temps estimé : environ 20 minutes. Distance : 16,5 km.
Quittez Alès en direction de Bagnols-sur-Cèze / Saint-Privat-des-Vieux via la D16.
Traversez Salindres et continuez sur la D16.

Suivez les indications pour Allègre-les-Fumades / Les Fumades.

Arrivé au hameau d'Auzon (commune d'Allègre-les-Fumades), vous serez directement au bord de la rivière.
Le pont qui traverse l'Auzonnet à Auzon est un point d'accès facile.

2. Itinéraire pitoresque (Il suit le cours de la rivière et traverse des villages de caractère).
Temps estimé : environ 35 à 40 minutes. Distance : environ 25 km.
D'Alès, prenez la direction de St-Martin-de-Valgalgues, puis montez vers Saint-Florent-sur-Auzonnet via la D904.
Tournez ensuite vers Saint-Jean-de-Valériscle (village médiéval très pittoresque qui vaut le détour).
Continuez sur la D130 qui descend toute la vallée de l'Auzonnet.
Vous longerez la rivière entre collines et anciennes cités minières.
Passez par Les Mages et Saint-Julien-de-Cassagnas avant de rejoindre la plaine d'Allègre-les-Fumades.

Conseil destination : Une fois à Allègre-les-Fumades, le hameau d'Auzon est le plus proche de la rivière. Pour un cadre plus bucolique, vous pouvez également vous diriger vers le hameau de La Bégude ou le Moulin d'Arlende, où les bords de l'Auzonnet offrent de jolis coins de fraîcheur sous les arbres.

Fédération de pêche du Gard
34 Rue Gustave Eiffel
Zac de Grezan
30034 NIMES
Cedex 1
RENSEIGNEMENTS
AAPPMA BESSEGES. Les Amis de la Cèze

 


BAMBOUSERAIE D'ANDUZE - TRAIN A VAPEUR DES CEVENNES
À une courte distance des villages cévenols, la Bambouseraie d’Anduze offre un voyage étonnant où l’Asie flirte avec le midi méditerranéen. Allées ombragées et végétation exubérante composent un décor hors du temps : bambous géants, palmiers et espèces rares créent des perspectives changeantes à chaque pas. En été, la fraîcheur des sous-bois invite à la promenade; au printemps et en automne, la lumière rasante magnifie les silhouettes élancées des chaumes. À l’écart, l’étang de Massillargues-Attuech déploie un autre visage du Gard : vaste miroir d’eau bordé de roselières, des postes de pêche pour les carpistes, les pêcheurs de poissons blancs.

le contre canal du Rhône à Aramon canal du Rhône à Sète - les Capettes
la Cèze vers Potelières le Boissesson le Gardon d'Anduze
le barrage de la Rouvière le Grau du Roi l'étang d'Attuech




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