Le
Thymallus thymallus, plus connu sous le nom d'Ombre commun, est un
poisson d'eau douce très apprécié des pêcheurs
pour sa combativité et sa beauté.
Voici ses origines, son biotope et les techniques de pêche :
Origines et Répartition
L'Ombre commun est un poisson
originaire d'Europe, plus précisément du bassin du
Danube. Il est naturellement présent dans l'est de la France,
en Europe centrale et en Angleterre.
Son expansion vers les bassins occidentaux (comme la Dordogne, la
Loire ou l'Adour) est souvent due à des introductions humaines,
notamment via les canaux de navigation au XVIIIe siècle.
Il est aujourd'hui classé comme "préoccupation
mineure" par l'UICN à l'échelle mondiale, mais
il est considéré comme vulnérable sur la liste
rouge des espèces menacées en France, ce qui justifie
des mesures de protection spécifiques (quotas de prélèvement,
taille minimale de capture).
L'Ombre commun est un poisson de
rivière par excellence.
Il affectionne les eaux pures, fraîches et très bien
oxygénées, avec des températures moyennes estivales
comprises entre 12 et 18°C, et des maximums ne dépassant
jamais 24°C.
On le trouve principalement dans les moyennes et grandes rivières
de basse montagne, caractérisées par :
- Un fond de galets, de graviers
et de sables, propice à la reproduction.
- Une pente modérée
(entre 1 et 8 ‰).
- Une oxygénation toujours
proche de la saturation.
- L'absence de pollution chronique.
Il
recherche généralement les zones de courant, comme
les radiers et les rapides, mais peut aussi se trouver dans des
plats, selon son âge et son activité.
Bien qu'il soit principalement un poisson de rivière, certaines
populations peuvent s'adapter à des lacs (comme le Léman),
en se nourrissant alors de plancton et de petits poissons. Cependant,
son habitat de prédilection reste les cours d'eau.
Il
vit souvent en petits groupes, à mi-profondeur et à
proximité du fond, mais il est également connu pour
remonter en surface pour se nourrir.
Comment
le pêcher ? L'Ombre
commun est réputé pour être un poisson capricieux
et méfiant, ce qui en fait un défi intéressant
pour les pêcheurs. Sa bouche est délicate, ce qui nécessite
une approche fine.
La pêche à la mouche (sèche,
nymphe, noyée) : C'est la technique la plus prisée et
la plus efficace pour l'ombre.
- En sèche : C'est l'idéal lorsque
les ombres "gobent" en surface, c'est-à-dire qu'ils
se nourrissent d'insectes tombés sur l'eau. Il faut utiliser
de petites mouches (taille 16 à 22) et être très
discret dans son approche et ses lancers. Le matin ou en fin de journée
sont souvent les meilleurs moments, mais les gobages peuvent être
plus fréquents en milieu de journée par temps chaud. - En nymphe : Cette technique est efficace pour pêcher
l'eau, à vue dans les eaux claires et peu profondes, ou "à
la roulette" dans les courants et les zones plus profondes. Les
imitations de larves aquatiques, comme les teignes ou les larves de
phrygane, montées sur de micro têtes plombées
en tungstène ou laiton, sont très performantes. La discrétion
et la finesse du bas de ligne sont cruciales. - En noyée : Sur les courants homogènes,
elle peut être combinée avec une nymphe en pointe.
- La pêche au leurre (micro-leurres) : Bien
que moins courante, il est possible de capturer des ombres au leurre.
Il
faut privilégier des leurres de très petite taille (imitations
d'invertébrés ou de larves aquatiques). Le
leurre doit être parfaitement lesté pour une dérive
naturelle et sans forcer dans la ligne. Les micro-poissons nageurs
(type tiny fry) peuvent être efficaces en remontant lentement
le courant.
Conseils
de l'expert Discrétion
absolue : L'ombre est très sensible à la présence
du pêcheur. Il faut éviter de marcher dans l'eau (surtout
pendant le frai au printemps) et être le plus discret possible. Matériel
léger et souple : Une canne légère (soie
#3 ou #4 en mouche) et un bas de ligne fin (0.08 à 0.10 mm)
sont essentiels. Ferrage
doux : Compte tenu de la bouche délicate de l'ombre,
un ferrage trop violent peut entraîner le décrochage
ou blesser le poisson. Il faut privilégier un ferrage doux,
en tendant simplement la ligne. Respect
de l'espèce : Étant une espèce vulnérable,
il est important de respecter les réglementations locales (taille
minimale de capture, quotas) et de pratiquer le no-kill si possible
pour préserver les populations.