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les bons coins de pêche en Lozère

 








L'Altier, petit joyau des Cévennes
1. Profil et Parcours
La rivière se divise en trois zones distinctes:
- Le Haut-Altier (Amont) : Issu du Mont Lozère, c'est d'abord un petit ruisseau qui serpente dans des zones humides avant de s'encaisser dans des gorges granitiques. C'est le royaume de la "petite" truite fario, très combative.
- Le Secteur Intermédiaire (vers Cubières et Altier) : La vallée s'élargit légèrement mais reste encaissée dans le schiste. On y trouve des trous profonds et des courants vifs. Les accès peuvent être sportifs.
- L'Embouchure (Lac de Villefort) : Le secteur amont du lac est réputé pour ses "monstres". C'est ici que l'on peut croiser de très grosses truites farios (record de France historique) et des truites arc-en-ciel échappées de la pisciculture locale. Plus en amont de magnifiques gardons

2. Caractéristiques Techniques
Catégorie : 1ère catégorie domaine privé.
Type d'eau : Eaux très cristallines, fond de rivière souvent glissant (attention aux déplacements).
Poissons : Truite Fario (souche méditerranéenne dite "Zébrée"), Vairons, Goujons. Présence de chevesnes sur la partie terminale proche du lac.
Réglementation : Taille légale de capture de la truite généralement fixée à 20 ou 23 cm selon les secteurs (vérifiez l'arrêté annuel). Hameçon sans ardillon fortement recommandé.

3. Techniques de Pêche conseillées
- Pêche à la mouche : Excellente en sèche dès que les éclosions commencent (printemps/début d'été). La nymphe au fil est très efficace dans les courants rapides.
Astuce : Une mouche locale célèbre, "l'Altière", est particulièrement adaptée aux reflets de cette rivière.
- Pêche au Toc : Très pratiquée dans les secteurs de gorges avec des appâts naturels (vers, larves).
-
Ultra-léger : Idéal pour prospecter les vasques profondes avec de petites cuillères tournantes (n°0 ou n°1) ou des petits poissons nageurs.

4. Saisonnalité et conseils
Meilleure période :
- De l'ouverture (mars) à la mi-juin.
- En été, le débit peut baisser drastiquement et les eaux se réchauffer ; la discrétion devient alors absolue.

5. Parcours préférés

Pour se rendre au parcours de "Maison Blanche", prenez à Villefort la D 901. Après Castanet, dans un virage, vous trouverez une maison blanche à votre droite.
La route fait une épingle et un chemin descend dans un verger.
Laissez votre véhicule en bordure de route, les pluies rendent ce chemin parfois impraticable.

Dès la sortie du village de Cubières, l’Altier s’élargit et s’assagit lorsqu’il rentre dans la vallée creusée dans le schiste. Tout en conservant une juste puissance, ses berges sont boisées et rendent délicate la présentation des appâts.
La pêche à la surprise, notamment à la sauterelle, est une pêche très intéressante dès les beaux jours.
La couverture végétale est parfois dense et décourage les moucheurs.
Il sera nécessaire de faire le parcours aval pour obtenir suffisamment d’espace, mais néanmoins, immédiatement en amont, avant la digue naturelle, il n’est pas rare de voir quelques « fouetteurs » de l’eau jusqu’aux épaules, tenter de lancer la sèche sous les viges qui bordes les berges.


C’est davantage dans sa partie aval, jusqu’à l’embouchure avec le lac de Villefort, que l’Altier affiche sa véritable personnalité avec des zones rapides et des zones calmes.
Parfois des grands trous profonds que l’on nomme ici «des marmites de sorcières» où des truites énormes du lac ont été piégées l’ors des crues automnales.
La pêche au vairon manié donne d’excellents résultats dans ces «marmites».
Toutes les techniques de la pêche à la truite sont ici valables; Toutefois, en raison de la transparence de l’eau, il convient de privilégier les pêche fines mettant en œuvre des bas de ligne de fin diamètre, des petit hameçons fin de fer, de petits appâts naturels
.

Dans les grands lisse, le pêcheur à la mouche trouvera des plaisirs et des émotions sans cesse renouvelées. L’altier est une excellente école pour apprendre et maîtriser la pêche au fouet.
D’ailleurs je vous invite à ne pas prendre de panier…
La pression de la prise n’étant plus justifiée, vous pourrez enfin réellement vous exprimer, appliquer ou tester des gestes et des nouveaux matériels que vous ne feriez jamais sans cette pression de résultats obligatoires. La pêche ne doit plus être une simple question de prises, mais avant tout un état d’esprit où le pêcheur et le poisson ont chacun leur place, avec un souci constant… Celui de préserver la souche et la descendance.

Les poissons blancs
Délaissés par les pêcheurs locaux, l'amateur de "pêche au coup" découvrira, aussi bien dans la partie de l'Altier qui se calme avant d'entrer dans le lac de Villefort que dans le lac lui-même, des postes incroyables pour pêcher des gardons "gros comme ma main" !
C'est une pêche extraordinaire qui déroute les pêcheurs locaux, amateuirs privilégiés de truites, mais qui vous regarderobns faire avec un oeil parfois envieux devant la qualité de la pêche, et un air plus que surpris lorsque vous remettrez vos prises à l'eau.



SUIVEZ LE GUIDE

Équipement pour pêcher l'Altier
L'Altier, en amont de son embouchure dans le lac de Villefort, est une rivière de montagne typique de la Lozère : eaux cristallines, cours rapide, et chaos granitiques. C'est un terrain de jeu magnifique mais exigeant qui demande de la discrétion et de la précision.
Voici mes techniques les plus efficaces pour le Haut Altier


1. La Pêche à la Mouche Sèche (La reine du secteur)
C'est la technique la plus pratiquée sur l'Altier dès que les températures remontent.
- Le profil : Les truites "fario" sauvages y sont opportunistes mais craintives.
- Équipement : Une canne de 7'6 à 8'6 pieds, soie de 3 ou 4, est idéale pour se faufiler entre les berges parfois encombrées.
- Mouches à privilégier : l'Altière.
L'ensemble de la saison : L'incontournable "Oreille de Lièvre" ou des petits montages en cul de canard (CDC).
En cas de vent : Des imitations de terrestres (fourmis, scarabées).
L'été : Des petits sedges en poil de chevreuil pour les courants rapides.

2. La Pêche en nymphe (Au fil ou à vue)
Très efficace quand les poissons ne gobent pas, notamment en début de saison ou aux heures les plus chaudes.
- Nymphe au fil : Dans les bouillons et les "trous" entre les rochers. Utilisez des nymphes avec billes tungstène (cuivre ou or) pour descendre rapidement dans le courant.
- Nymphe à vue : Pratiquable sur les zones plus calmes et les plats où l'eau est très claire. Cela demande une approche de sioux pour ne pas être vu.

3. Le "Toqué" (Pêche aux appâts naturels)
C'est la technique traditionnelle des Cévennes, redoutable pour explorer les veines d'eau profondes sous les cascades.
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Technique : On utilise une canne à anneaux intérieurs ou une canne de type "téléréglable" pour déposer l'appât avec précision sous les blocs de granit.
Appâts : Le ver de terre après une pluie, ou la larve de patraque (porte-bois) ramassée directement sous les pierres de la rivière.

4. L'Ultra-Léger (Lancer de précision)
Si vous préférez pêcher au moulinet, l'ultra-léger est très efficace dans les grandes vasques.
- Le leurre : Les petites cuillers tournantes (type Mepps 00 ou 0) coloris argent et points rouges fonctionnent bien.
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Le poisson nageur : Des petits minnows de 3 à 5 cm coulants pour imiter un vairon dans les courants soutenus.

Conseils de "pro" pour le Haut Altier
L'approche : C'est la clé. L'eau est si limpide qu'il faut souvent pêcher vers l'amont (remonter la rivière) pour ne pas être repéré par les truites qui font face au courant.
La discrétion : Évitez les vêtements trop clairs. Les truites de l'Altier ont une vue perçante.
La période : Les mois de mai, juin et septembre sont souvent les plus productifs. En plein été, privilégiez le coup du soir.

Pêche au Lancer sur l'Altier (Secteur Cubières)
L'Altier sous Cubières demande un matériel polyvalent capable de passer d'un petit ruisseau encombré à des profils de rivière plus larges. Les truites fario y sont sauvages, méfiantes et très combatives.
1. La Canne
Le choix de la canne est crucial car les berges sont souvent boisées.
Type : Action de pointe (Fast) ou semi-parabolique pour les petits leurres.
Longueur : 1,80 m à 2,10 m maximum. Une canne courte facilite les lancers sous la main ou "skipping" sous les branches.
Puissance : Ultra-Léger (UL) ou Light (L), plage de puissance idéale 1-7g ou 2-10g.

2. Le Moulinet et la Ligne
Moulinet : Taille 1000 ou 2000, avec un ratio élevé (récupération rapide) pour garder le contact avec le leurre dans les courants rapides.
Corps de ligne : Nylon 14/100 à 16/100 (plus de discrétion et d'élasticité pour limiter les décrochés).
Tresse : 06/100 à 08/100 avec un bas de ligne en fluorocarbone de 1.5m pour une meilleure résonance.

3. Sélection de Leurres (Top 3)
Compte tenu de la clarté de l'eau et de la configuration du lit (schiste et granit) :
Cuillers tournantes : La base indémodable. Modèles type Mepps Aglia ou Smith AR-S en taille 00, 0 ou 1. Coloris argent (temps clair) ou cuivre/noir (temps sombre).
Poisson-Nageurs (Minnows) : Modèles coulants (Sinking) de 35mm à 50mm pour tenir le courant. Ex : D-Contact 50, Ryuki 45S. Coloris "truite" ou "vairon".
Leurres Souples : Très efficaces dans les trous profonds sous les cascades. Petits shads de 2 pouces sur tête plombée de 1g à 3g.

4. Équipement de Protection et Accessoires
Waders ou cuissardes : Indispensables pour traverser et accéder aux postes, car les chemins de berges sont rares. Attention, le fond de l'Altier est très glissant (présence de feutrage organique).
Lunettes polarisantes : Essentielles pour repérer les poissons et les obstacles sous-marins.
Épuisette : À mailles douces (caoutchouc) pour respecter le poisson, car la remise à l'eau est encouragée (No-Kill conseillé).

 



MONTAGE

 




JOUR DE PECHE

Le soleil n'a pas encore franchi les crêtes schisteuses qui enserrent la vallée de l’Altier, mais déjà, l’air frais des Cévennes pique les joues. En contrebas du village de Cubières, là où la rivière s’enfonce dans son lit de granit et de schiste, le monde semble s’être arrêté. Je descends le sentier escarpé, le souffle court, porté par l’odeur entêtante du genêt et de l’humus humide.

Arrivé au bord de l’eau, le spectacle est saisissant.
L’Altier ne coule pas, il chante.
L’eau est d’une clarté absolue, une transparence presque irréelle qui donne l’impression que les truites lévitent au-dessus du fond. Chaque galet, chaque grain de sable est dessiné avec une précision chirurgicale. C’est le piège de la Lozère : cette pureté qui vous émerveille est aussi votre plus grande ennemie. Ici, le pêcheur est à découvert avant même d'avoir posé sa mouche.

Je m’accroupis derrière un bloc de granit moussu. Le moulinet, celui-là même que j'avais posé sur les graviers tout à l'heure, brille discrètement sous la lumière naissante. Je sors quelques mètres de soie. Ma main tremble légèrement, non de froid, mais de cette excitation sourde que seuls les moucheurs connaissent. Devant moi, une petite "ride" à la surface trahit une activité. Une éclosion de baétidés commence, de petits voiliers gris dérivant sur le miroir d'eau.

Le premier lancer est un baiser. Une petite mouche en cul de canard se pose sans un bruit à l’entrée d’une veine de courant. La dérive est parfaite. Soudain, un éclair sombre déchire la transparence. Un gobage franc, un cercle qui s'élargit. Ferrage immédiat. Au bout de la ligne, la défense est nerveuse, électrique. C’est une truite fario de souche méditerranéenne.

Quand je la glisse dans mon épuisette immergée, je reste de longues secondes à la contempler. Elle est petite, peut-être vingt-deux centimètres, mais sa robe est un chef-d’œuvre : des points rouges cerclés de crème et, surtout, ces fameuses zébrures sombres sur les flancs, caractéristiques des poissons de l'Altier. Elle porte sur elle toute l'histoire sauvage de cette vallée. Je décroche l'hameçon sans ardillon et, d'un coup de queue rageur, elle rejoint son royaume de cristal.

La matinée s'écoule ainsi, entre contemplation et adrénaline. Chaque vasque est un nouveau tableau. Parfois, je m’arrête simplement pour regarder le vol d’un cincle plongeur ou le reflet des falaises qui virent au gris bleuté sous le zénith. Le silence est total, seulement rompu par le fracas des petites cascades.

Vers midi, alors que le soleil écrase la vallée, les gobages cessent. Je m'assois sur un rocher chauffé par les rayons, les pieds dans l'eau fraîche. Je ressens cette plénitude rare, ce sentiment d'être à ma juste place, simple invité dans ce sanctuaire minéral. L'Altier n'est pas qu'une rivière à truites ; c'est une leçon d'humilité, un voyage au cœur de la lumière cévenole où chaque prise est un cadeau de la montagne.

Le soleil décline sur les hauteurs de Cubières, et la lumière change radicalement. La vallée de l'Altier quitte son habit de cristal pour se draper dans une étoffe d'or et de cuivre. C'est l'heure magique, celle que les pêcheurs appellent "le coup du soir".

L'Heure Rousse sur l'Altier
L'air s'est soudainement calmé, et la chaleur de l'après-midi laisse place à une fraîcheur descendue tout droit du Mont Lozère. Les falaises de schiste, qui paraissaient austères à midi, s'embrasent d'un orange profond, se reflétant dans les trous d'eau comme si la rivière transportait de l'or liquide. Le contraste est saisissant : les ombres s'allongent, bleuissant les berges, tandis que chaque ride à la surface de l'eau brille comme une étincelle.

Le silence est plus dense, plus solennel. On n'entend plus que le murmure sourd de la cascade en amont et le bourdonnement des premiers trichoptères qui sortent de la végétation pour entamer leur danse nuptiale.

Le réveil des belles zébrées
C'est le moment où la discrétion devient une religion. Je m'approche d'une grande vasque, là où le courant s'apaise sous une voûte de frênes. Dans cette lumière rasante, la transparence de l'eau est trompeuse ; les truites ne sont plus des ombres fuyantes, mais des silhouettes noires qui montent du fond avec une assurance nouvelle.

Un gobage retentit. Sec, sonore, autoritaire. Un poisson de belle taille vient de briser le miroir doré. Ma mouche, un gros sedge en poils de chevreuil, se pose dans la zone d'ombre. Elle dérive, portée par le tapis roulant de la rivière, entrant soudain dans la zone de lumière.L'attaque est fulgurante. La surface explose en gerbes de feu.
Le combat est plus lourd que ce matin. La truite sonde, cherchant les racines et les blocs de schiste acérés. La canne plie, le moulinet chante dans le calme du crépuscule. Lorsque je parviens enfin à la mener vers le bord, c'est une merveille de près de trente-cinq centimètres qui brille dans l'épuisette. Ses zébrures sont sombres, presque noires, et ses points rouges semblent s'être échappés du couchant.

Une communion minérale
Je la relâche et la regarde disparaître dans les profondeurs désormais sombres de la vasque. Autour de moi, le site a achevé sa métamorphose. Le "Causse Noir" porte bien son nom alors que les crêtes se découpent en ombres chinoises sur un ciel virant au orange/violet.
Je replie ma canne avec un sentiment de gratitude. Pêcher l'Altier à cet instant, c'est ne plus faire qu'un avec la pierre et l'eau. On ne ramène pas de poisson, on ramène un peu de cette lumière rousse, gravée dans la mémoire, en remontant le sentier qui ramène vers les lumières lointaines du village.

Le soleil décline sur les hauteurs de Cubières, et la lumière change radicalement. La vallée de l'Altier quitte son habit de cristal pour se draper dans une étoffe d'or et de cuivre. C'est l'heure magique, celle que les pêcheurs appellent "le coup du soir".



 

 

 


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