LE
PETIT RHÔNE
Les
eaux capricieuses du Petit Rhône cachent des poissons si grands,
que l’homme ne pouvait même pas les imaginer voici encore
ausiècle dernier Quelques pêcheurs de renoms débusquent
les « monstres » de ces eaux qui attirent aussi désormais
les amateurs de tout l’hexagone, pour un bain de sensations
fortes.
Confluence des eaux du bassin Rhône-Alpin, le Petit Rhône
est un fleuve tranquille qui peut d’une heure à l’autre,
devenir un piège dangereux pour les non-inities. A St Gilles
le dicton est célèbre «S’il pleut à
Lyon, le fleuve sera lion». Si l’émotion de la
prise n’a plus de prise sur vous, venez taquiner les silures,
carpes et sandres de ce fleuve imprévisible.
La berge inclinée est très instable, le limon flasque,
bourbeux et vous aurez quelques soucis pour mener votre barque
jusqu’au fleuve. Un projet de « cale » est en
cours et devrait rapidement éliminer ce problème.
Vous
êtes bien entendu en seconde catégorie et le fleuve
est puissant, évidemment très large, environ de 60
à 120 mètres, ce qui déroute souvent ceux qui
découvrent les lieux.
La profondeur moyenne est de 4 à 10 mètres (parfois
plus) suivant les méandres.
Si
vous pêchez du bord, « tanquez » vos lignes vers
les piles du vieux pont. Un plomb
de 100 grammes est le minimum que vous puissiez faire. Pour les
carpes,
les graines (tigers
nuts) sont excellentes et pour le silure
une brème
de 500 grammes est tout indiquée.
Les pêcheurs à la ligne pourront, sur la gauche, trouver
trois ou quatre postes suffisamment dégagés pour pratiquer
la pêche des gardons
(très gros) au grain de maïs. Bien entendu, vous mettrez
quelques brèmes de côte, très utiles pour la
pêche du silure… à la bouée.
En
barque, la pêche du sandre
se fait au mort manié, en remontant la rive gauche dans les
« embusqués», arbres morts et branches traîtresses.
Si vous avez la journée devant vous, le repas du midi se
fera sur une petite île au milieu du fleuve (environ 2 heures
en pêchant ). Il ne vous restera plus qu’à profiter
du courant pour revenir ensuite à votre point de départ,
en pratiquant cette fois l’autre rive.
La
pêche du silure est également très productive
au mort manié.
Mon conseil, évitez le trop fameux « clonk
», il me semble bien que les silures ont compris les dangers
associés à ce bruit. Par contre une arrivée
discrète sur une fosse de plus de 10 mètres, un gardon
de 8 à 10 cm sur une monture avec deux hameçons de
numéro 4, tresse Ashima
Gangster
de 25 livres, voilà une manière plus conforme
et productive pour dénicher les « géants »
(*).
En été prenez garde aux moustiques ! Les bienheureux
pêcheurs embarqués n’auront pas ce problème,
mais dès le début de juin les berges sont littéralement
envahies d’insectes têtus et vindicatifs.
A l’automne,
moustiques et d'aoûtats (autre variété de chironomes)
disparaissent et les berges se colorent d’une multitude de
couleurs or et ambre. C’est une véritable féerie
des yeux et il fait bon naviguer sur le fleuve. C’est aussi
vers la fin de l’automne que les sandres
seront les plus accrocheurs.
Au
printemps, les eaux sont souvent chargées, brouillées
et peu engageantes. C’est pourtant la meilleure période
pour tenter de séduire les carpes.
En réalité, le Petit Rhône se pêche toute
l’année et il réalisera certainement votre inaccessible
rêve, celui prendre le plus gros poisson de votre vie de pêcheur
amateur !