Les farines carnées pour réaliser des bouillettes
Il s’agit d’ingrédients à part entière
et non d’attractants. Ils peuvent donc, rentrer dans la composition
des mixs, des méthods ainsi que des pâtes d’enrobage.
A noter que nous allons ne vous présenter que les ingrédients
bruts et non les composés, dérivés de ceux-ci.
Tous sont utilisés dans la réalisation d’appâts
du commerce et ont donc largement fait leurs preuves. Nous les avons
divisés en trois groupes principaux qui sont : les farines de
poisson, les farines de crustacés et les farines carnées
issues de la boucherie.
Les
farines de poisson
Souvent issues de poissons marins, elles sont utilisées pour
la fabrication d’aliments destinés à l’aquaculture
mais aussi pour certains animaux terrestres. Leur qualité est
donc contrôlée et régulière. Devant un vaste
choix, nous vous présentons les plus connues et couramment utilisées
pour la fabrication de nos chères bouillettes.
Farine de calamar
Issue du fameux céphalopode, le calamar, qui représente
une source alimentaire de premier choix pour les poissons marins. Il
est alors tout à fait naturel de la retrouver parmi les ingrédients
phares destinés à la réalisation de nos esches.
Cette farine contient 75 à 85% de protéines hautement
digestes et 5 % de matière grasse. Elle possède une odeur
persistante et un goût hautement attractif qui ne laisse pas indifférent
les carpes. Sa couleur violette a tendance à assombrir la couleur
du mix et possède un fort pouvoir collant (intéressant
pour la réalisation de method mix et de pâte d’enrobage)
on peut l’intégrer jusqu’à 30% de la composition
d’une bouillette.
Farine
de thon
Ce poisson marin est un super-prédateur qui passe sa vie à
manger du menu fretin. Il s’agit donc d’une boule de muscle
qui ne se fatigue jamais ! La farine qui en découle est donc
riche en protéines (60%) mais aussi en acides aminés et
acides gras (12%), le tout extrêmement digeste. A noter que son
odeur est assez prononcée et permet d’éviter l’usage
d’arôme dans vos compositions. Cet ingrédient est
de plus en plus utilisé dans le monde de la pêche du fait
de son fort pouvoir d’attraction. Attention toutefois à
ne pas dépasser un dosage de 300gr par kg de mix sous peine de
rendre vos esches trop nourrissantes.
Farine de sardine
La sardine fait, comme le calamar, partie de l’alimentation principale
des prédateurs marins : de la simple bonite à l’imposante
baleine. A noter que ce poisson est aussi une source d’énergie
du fait de sa forte teneur en acides gras. La fabrication de cette farine
intègre une extraction de cette matière grasse que nous
connaissons sous forme d’huile de sardine. La composition et l’utilisation
de la farine de sardine est similaire à celle du thon. Son taux
de protéine peut être variable en fonction des saisons
à laquelle les sardines sont pêchées. Mais globalement,
cette farine est assez digeste et son odeur forte lui permet d’aromatiser
à elle seule toute la composition.
Farine de poisson
Cette appellation représente en fait un mélange de différentes
espèces de poissons : hareng, sardine, etc. Il existe ainsi une
multitude de farines de différentes qualités en fonction
des éléments qui rentrent dans leur composition (sous-produits
ou chairs). Concernant la pêche, il est important d’éviter
les farines de poissons dites « complètes » qui contiennent
écailles, squelettes et autres résidus de viscères
qui n’ont quasiment aucun intérêt. Les farines de
bonne qualité ou de type LT sont à privilégier.
60 à 70% de protéines en majorité solubles, pour
moins de 7% de matière grasses permettent de pouvoir intégrer
cette farine indispensable dans les appâts carnés à
hauteur de 10 à 40%.
Farine
de saumon
Le saumon est un poisson emblématique de nos rivières
reconnu pour les qualités gustatives de sa chair. Les farines
qui nous sont proposées sont en fait des résidus de découpe
de filets destinés à la consommation humaine. Normalement,
peu de sous-produits sont présents et c’est donc une farine
réalisée qu’avec la chair du poisson. On regrette
toutefois que l’on ne les retrouve pas de type LT, ces produits
étant trop chers pour la fabrication de nos appâts. Avec
55 à 65% de protéines et environ 15% de lipides son goût
est plus fin que la farine de poisson standard. Sa digestibilité
est excellente en été mais il est conseillé de
modérer les dosages en eau froide (10 à 30%).
Les
farines de crustacés
Ces « bestioles » à pattes et à pinces font
partie des animaux dont les farines sont des éléments
de premier ordre pour la composition de nos appâts car ils sont
complets et apportent même des nutriments en grande quantité
tels que vitamines et minéraux. Il convient donc de ne pas les
négliger.
Farine
de krill
Il s’agit d’une crevette marine qui comme le calamar et
la sardine constitue une proie pour la majorité des poissons.
La farine qui en découle est faite uniquement avec les muscles
de l’animal. Il en résulte 65% de protéines, un
apport important en vitamines, minéraux, acides gras, le tout
étant ultra digeste. Il s’agit sans conteste de la farine
la plus complète de toutes les farines carnées que nous
passons en revue. Son goût est agréable pour la carpe et
a fait longuement ses preuves. Il y a malgré tout un bémol
à son utilisation, en effet il est déconseillé
de dépasser les 10% de composition sous peine de rendre les appâts
potentiellement flottant.
Farine
de carapace de crevettes
Cette farine est réalisée à partir des déchets
de préparation des gambas et autres crevettes grises. Têtes
et carapaces sont ainsi traitées afin d’obtenir cette farine.
Ce n’est pas parce qu’elle est constituée de sous-produit
que cette farine n’est pas efficace. En effet, sont taux de protéine
est de 45% et elle possède une forte proportion de vitamines
et minéraux. Ses propriétés mécaniques et
digestives sont aussi très intéressantes car elle facilite
le transit intestinal et représente un excellent complément
alimentaire pour nos appâts. A utilisé de l’ordre
de 5 à 10% comme pour la farine de krill.
Farine
de crabe
Nous ne présentons plus le parfum Monster-crab qui a permis la
capture de milliers de carpes. De ce fait, la farine de crabe prend
une place évidente dans nos appâts. Elle est réalisée
sans carapace et son taux de protéine avoisine les 70 à
80%. Elle fait donc partie des farines de crustacé les plus protéinées
de notre sélection. Très digeste elle peut remplacer à
elle seule la farine de poisson. Son odeur prononcée est donc
attractive et se marie parfaitement avec l’arôme précité.
Sa couleur sombre tire entre le brun et le vert. Il est donc possible
de l’intégrer dans un mix jusqu’à 40%.
Farine
d’écrevisse
Voici le petit crustacé qui nourrit nos carpes tant convoitées.
Il est donc naturel d’en exploiter sa farine. Du fait d’une
faible production car elle n’est exploitée que dans le
domaine de la pêche, il s’agit tout simplement d’écrevisses
desséchées et broyées. La présence de morceaux
de carapaces n’enlève rien à la qualité puisque
son taux de protéines varie entre 40 et 60% et son coefficient
de digestion est plus que correct. Son odeur puissante permet d’aromatiser
la bille sans utilisation d’arôme. Beaucoup de pêcheurs
l’utilisent avec succès. Le dosage conseillé est
de 10 à 15%.
Les farines carnées issues de boucherie
Les farines d’origine animales ne sont pas en reste puisqu’elles
offrent également des propriétés attractives non
négligeables. Cela dit peu d’entre elles sont connues et
donc utilisées. Elles peuvent donc faire la différence
selon les conditions de pêche.
Poudre de foie
Nous ne présentons plus cette poudre « miracle »
qui permet de tromper la méfiance des plus grandes carpes d’Europe.
La poudre de foie complète mais surtout l’hydrolysat sont
à privilégier pour la fabrication des bouillettes et l’enrobage
si l’on souhaite cibler les spécimens. On y retrouve 40
à 60% de protéines, un aminogramme complet et des minéraux
indispensables à la croissance des poissons. La version hydrolysée
possède des protéines solubles qui agissent comme un message
chimique stimulant l’appétit des poissons. Sa digestibilité
est totale et son goût persistant parachève les qualités
de cet ingrédient hors norme. A intégrer dans votre mix
à hauteur de 5 à 10%
Farine
de viande
Cette farine est en fait obtenue à l’aide d’os et
de sous-produits frais de porcs, volailles et autre bovins majoritairement.
Enoncé ainsi, cela ne fait pas vraiment rêver, mais cette
farine contient au final 50 à 55% de protéines, 8 à
12% de matière grasse ainsi que 12% de minéraux. Son profil
en acides aminés est intéressant grâce à
une présence de méthionine et de lysine. Les vitamines
sont aussi bien représentées. Le seul hic est son taux
de digestion qui est faible par rapport aux farines de poisson haut
de gamme (60 à 70% contre plus de 90%). Cela dit cette farine
est très attractive et convient pour des pêches à
court et moyen terme. A utiliser en remplacement de la farine de poisson.
Farine
de sang
Elle est obtenue après coagulation et séchage à
la vapeur de sang collecté en abattoir.
Depuis la maladie de la vache folle, les farines d’animaux terrestres
sont boudés notamment la farine de sang. Pourtant celle-ci contient
85% de protéines ! Son aminogramme est complet ce qui rend donc
cette poudre très attractive. La présence de minéraux
et de vitamines n’est également pas négligeable.
Sa couleur est très sombre et son odeur tenace ce qui permet
de ne pas utiliser d’arôme si on le désire. On peut
l’intégrer dans nos préparations jusqu’à
20%.
Les farines de type LT
LT signifie low temperature. Ce terme permet de comprendre que lors
de la fabrication des farines la température ne monte pas au-dessus
de 60-65°C. Ceci permet au produit de garder toutes ses propriétés
originales sans les dégrader par une température excessive.
Ainsi, protéines, acides aminés, vitamines, etc. sont
conservés garantissant une digestion optimale. Bien évidemment,
ce procédé augmente significativement le coût de
production de la farine ce qui ne la rend pas forcement à la
portée de toutes les bourses.
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