LE BARBEAU AU FEEDER
Autrefois, le barbeau fluviatile était
un poisson recherché pour améliorer le repas ordinaire
des paysans.
Un poisson plein d’arêtes qui améliorait malgré
tout le quotidien mais il est vrai que son intérêt gastronomique
est limité.
C’est pourquoi il fut renié des pêches alimentaires
dès le début du XXème siècle.
Sa
pêche sportive revient à la mode, notamment au feeder.
C’est dans cette technique de pêche sur le fond que sa
pêche prend toute sa plénitude, puisque cette technique
est parfaitement adaptée à la pêche de ce poisson
fouisseur qui aime les eaux courantes, aux fonds de cailloux et de
graviers.
Au bout d’une ligne ce magnifique poisson se révèle
être un puissant adversaire et il garantit au pêcheur
des combats mémorables, des émotions inoubliables.
Présentation
Le barbeau possède un corps cylindrique et plutôt allongé.
Son dos est légèrement bombé et d'un ton brun-vert.
Ses flancs sont d'un beau doré alors que le ventre est blanc.
Les nageoires caudale, anale et les pelviennes sont orangées.
La tête du barbeau est longue, la bouche infère (placée
sous la bouche) est bordée d'épaisses lèvres
charnues et portent 4 barbillons sur la lèvre supérieure
pour lui permettent de fouiller les fonds. Les
dents pharyngiennes, de forme conique, avec parfois un sommet crochu,
sont disposées sur trois rangs afin de broyer efficacement
la nourriture. Cette bouche cartilagineuse orientée vers le
bas est un élément clef de son anatomie car elle fonctionne
comme une véritable ventouse qui lui permet de labourer le
fond et de s’aider du substrat pour progresser ou se reposer
en cas de courant violent
Les écailles sont de tailles moyennes (environ 60 tout le long
de la ligne latérale).
La nageoire dorsale porte 7 à 11 rayons. Le plus long est ossifié
et dentelé sur son bord postérieur
Le
poste de pêche
L’installation du poste de pêche s’effectue avec
précision pour une pêche confortable et efficace, canne
à portée de main immédiate.
L’emplacement du pêcheur sur la rive se fera face au poste
ou légèrement en amont et, dans tous les cas, jamais
en aval de celui-ci, toujours dans un souci de présentation
et de pression de courant sur la bannière.
La canne doit toujours être placée le scion vers le haut
avec pour objectif, de soustraire au maximum sa bannière du
courant. Si ce courant n’est pas trop important, installez la
canne parallèle à la rive (meilleure visibilité
du scion) et en direction de l’aval pour une détection
immédiate de la touche. Veillez à avoir un fond de végétaux
ou autre obstacle contrasté pour mieux surveiller votre scion.
Si le
courant est vraiment important ou puissant, positionnez la
canne perpendiculairement à la rive, scion le plus haut possible.
Le
matériel
L’équipement de base pour pêcher au « quiver
tip » se limite à une canne de 3,60 m à 4,50 m
qui permet d’envoyer des feeders de 30 à 50 grammes et
de brider les plus gros poissons.
Le moulinet garnit de 100 m de nylon en Ø 25/°° avec
un bas de ligne en dérivation de Ø 22/°° convient
parfaitement
En complément, 2 piquets et un support de canne, une solide
épuisette,
un siège et une bourriche. Concernant le choix des feeder,
les modèles ouverts, plombés, et carrés tiennent
bien le fond tout en permettant de déposer de l’amorce
et des appâts.
La
pêche
Expédiez
5 ou 6 feeders remplis d’amorces et d’appâts sur
le poste, en veillant à prendre des repères de distance
et de direction en sélectionnant un point visuel sur la berge
d’en face (arbre ou gros rocher). Pour obtenir toujours la même
distance de pêche, marquez le fil (correcteur, nœud d’arrêt)
ou placez-le sous le clip de votre bobine.
La pêche au feeder s’effectue avec précision sur
une zone restreinte d’1 m2 environ pour être la plus efficace
possible. Dès l’impact du feeder sur l’eau, fermez
le pick-up et, une fois qu’il est sur le fond, ajustez la tension
de la ligne par quelques tours de manivelle délicats et/ou
par un léger déplacement de la canne sur le support
avant. Évitez de déplacer le feeder lorsqu’il
est sur le fond. Mais si, malgré toutes vos précautions,
il a tendance à se décaler, choisissez-le légèrement
plus lourd.
Pour le réglage du frein, il ne doit être ni trop doux,
ni trop dur. Jouez du doigt sur la bobine pour bloquer ou ralentir
la sortie du fil
en cas d’obstacles repérés. Les effluves et les
particules portées par le courant font remonter les poissons
relativement rapidement sur votre poste. Si vous n’enregistrez
aucune touche au bout d’une heure, il vaut mieux tenter votre
chance ailleurs.
La touche
Lorsque le barbeau tente de regagner une zone piégée
ou s’il tente de s’immobiliser sur le fond, il est nécessaire
de le contrer en tenant la canne la plus haute possible. Entre chaque
envoi de feeder, si aucune touche franche ne se manifeste au bout
de 2 minutes, rechargez le feeder. Peut-être pouvez-vous changer
d’appât ou jouer sur la longueur du bas de ligne si cela
persiste.
Relancez
d’autant plus souvent que la température de l’eau
est élevée et les poissons actifs. Contrôlez très
régulièrement l’état du bas de ligne et
du corps de ligne qui sont mis à rude épreuve dans cette
pêche à la posée.
Les
appâts
Les asticots sont très appréciés et ont un côté
très pratique dans leur utilisation et leur conservation. Des
petites poignées sont incorporées dans l’amorce
et ils seront eschés en bouquets de 3 ou 4 sur l’hameçon.
Autre appât très en vogue pour le barbeau : le fromage.
De petits cubes de 1 à 2 cm de fromage dur (gruyère,
parmesan, Babybel) seront eschés à l’aide d’un
anneau.
La petite saucisse fumée, utilisée en amuse-gueule à
l’apéritif est aussi un met de choix pour notre compère
gourmand. Il faut en découper quelques tronçons et les
mélanger à l’amorce puis lui proposer cet «
appât fumant » sur un hameçon de N° 8 -10…
Ne mangez pas tout !
Certains fruits de saison sont aussi très prisés comme
la fraise ou la cerise ! L’écrevisse américaine
de 5 cm est un met royal pour le barbeau qui délaissera toutes
les autres esches pour se consacrer à cette dégustation
« Made In USA »…
Si vous préférez la pêche à la «
volante », vous aurez la surprise de voir monter du fond les
barbeaux sur un grillon ou une belle sauterelle que vous laisserez
dériver simplement au gré du courant
Le barbeau n’a pas fini de vous surprendre !
Les
amorces
S’il est évident qu’il faut adapter l’amorce
aux esches employées, sa composition doit aussi correspondre
à la tactique employée.
Ainsi pour une pêche au feeder, l’amorce doit pouvoir
se déliter suffisamment rapidement pour créer une trace,
alors que pour la pêche à la bolognaise vous préférerez
une amorce lourde et collante pour fixer le poisson.
Il n’est pas inutile d’utiliser des arômes dans
votre préparation. Par expérience le goût fromage
est apprécié pour une amorce stable alors que le goût
de fraise est préférable dans une amorce traçante
à base de chapelure fluorescente (jaune ou rouge) et peu mouillée,
qui va chercher les poissons loin en aval… Tout est affaire
de goût et c’est l’expérience qui fera le
reste !
Les
pinkies conviennent parfaitement pour l’amorçage, alors
que les asticots et les gozzers sont réservés à
l’eschage. Les casters constituent également un mets
de choix pour l’amorçage et l’eschage.