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Ablettes
d'été
à
la
pâte
maison
:
canne
légère,
déplacements
rapides
et
fritures
abondantes
Dès
les
premières
chaleurs,
les
ablettes
envahissent
les
eaux
de
surface
et
deviennent
folles
d'une
pâte
maison
bien
dosée.
Légère,
nuageante,
irrésistible
—
cette
préparation
artisanale
surpasse
souvent
l'asticot.
Canne
télescopique
en
main,
seau
d'amorce
à
portée,
il
ne
reste
plus
qu'à
trouver
le
banc…
et
la
friture
sera
spectaculaire
Voici
l'été
L'été
installe
ses
grandes
chaleurs,
la
végétation
explose
sur
les
berges
et
sous
la
surface,
les
ablettes
entrent
dans
une
période
de
frénésie
alimentaire
qui
réjouit
les
amateurs
de
petits
poissons
blancs.
Ces
«
flancs
d'argent
»
(ou
sardines
!
)
qui
scintillent
en
bancs
compacts
sous
la
surface
sont
alors
accessibles
par
une
technique
souvent
négligée,
pourtant
redoutablement
efficace
:
la
pâte
maison.
Dès
qu'une
boulette
d'amorce
légère
touche
l'eau
et
commence
à
se
déliter
en
nuage
blanchâtre,
elles
rappliquent
immédiatement,
grouillent,
s'agitent
et
mordent
avec
une
avidité
qui
fait
passer
l'asticot
au
second
plan.
Voici
comment
exploiter
au
mieux
cette
pêche
mobile
et
ludique
pour
rentrer
avec
de
belles
fritures.
La
philosophie
de
cette
pêche
:
bouger
plutôt
qu'attendre
En
rivière
ou
en
canal
à
grand
gabarit,
le
principal
écueil
est
de
rester
assis
sur
un
poste
dans
l'espoir
que
les
ablettes
viennent
à
vous.
C'est
rarement
la
bonne
stratégie.
Ces
poissons
se
déplacent
en
bancs
denses
et
imprévisibles
;
il
faut
aller
les
chercher.
L'état
d'esprit
doit
donc
être
celui
d'un
pêcheur
mobile,
prêt
à
plier
bagage
à
la
moindre
accalmie
pour
tenter
sa
chance
cent
mètres
plus
loin.
Cette
mobilité
impose
un
matériel
réduit
au
strict
essentiel.
Le
matériel
:
l'équipement
minimaliste
du
pêcheur
efficace
-
Une
canne
télescopique
de
4
mètres
suffit
amplement.
Légère,
maniable,
elle
permet
des
posés
précis
à
courte
distance
sans
fatigue,
même
après
plusieurs
heures
de
pêche
debout.
-
Préparez
à
l'avance
deux
ou
trois
lignes
montées
pour
ne
pas
perdre
de
temps
en
cas
de
casse
:
un
flotteur
fin
et
sensible,
un
CDL
de
8
à
12/100,
un
bas
de
ligne
discret
en
8
ou
10
centièmes
(ou
une
ligne
directe
en
10/100)
et
surtout
un
hameçon
de
18-20
fin
de
fer
à
tige
longue,
indispensable
pour
prélever
la
«
virgule
»
de
pâte
dans
les
meilleures
conditions.
Côté
équipement
annexe,
voyagez
léger
:
une
petite
bourriche,
un
seau
d'amorce
et
votre
récipient
de
pâte.
N'emportez
pas
davantage.
La
rapidité
de
déplacement
est
votre
meilleur
atout.
L'amorçage
:
déclencher
l'effervescence
Lancez
une
première
boulette
d'amorce
à
5
ou
6
mètres
devant
vous.
La
réaction
est
souvent
quasi
immédiate
en
été
:
les
ablettes
surgissent,
virevoltent,
et
le
banc
s'installe
sous
la
surface.
La
pêche
peut
commencer.
Réglez
votre
profondeur
à
50
centimètres
sous
la
surface
(les
ablettes
chassent
haut
dans
la
colonne
d'eau
par
temps
chaud)
et
déposez
votre
ligne
délicatement,
sans
fouetter,
d'un
geste
ample
effectué
sous
la
main.
Toute
brutalité
fait
fuir
le
banc
instantanément.
À
chaque
coulée,
lancez
une
petite
boulette
d'amorce
à
une
vingtaine
de
centimètres
du
flotteur,
côté
amont
ou
entre
lui
et
vous.
Cet
amorçage
continu
entretient
l'excitation
des
poissons
et
maintient
le
banc
en
place.
Chaque
touche
ratée
n'est
pas
une
occasion
perdue
:
c'est
en
réalité
un
micro-amorçage
précis
au
cœur
du
banc,
qui
relance
l'appétit
des
autres
poissons.
La
pâte
maison
:
texture
molle,
efficacité
maximale
C'est
là
que
réside
tout
le
secret
de
cette
technique.
Une
bonne
pâte
pour
ablettes
ne
doit
pas
tenir
fermement
à
l'hameçon;
c'est
même
sa
qualité
première.
Sa
texture
molle,
presque
fondante,
lui
permet
de
libérer
instantanément
des
particules
en
suspension
dès
qu'elle
touche
l'eau.
Ce
nuage
de
fines
matières
excite
les
papilles
des
ablettes
et
provoque
des
réactions
d'une
rapidité
surprenante.
En
prime,
les
gardons
présents
sur
le
coup
succombent
régulièrement
à
la
tentation.
La
recette
de
base
-
faites
cuire
une
pomme
de
terre,
égouttez-la
soigneusement
puis
écrasez-la
dans
un
bol.
-
Ajoutez
un
demi-verre
de
lait
tiède
et
mélangez
bien.
-
Incorporez
ensuite
lentement
de
la
farine
pâtissière
de
blé
blanc
en
battant
régulièrement
l'ensemble,
jusqu'à
obtenir
une
texture
homogène
et
souple,
proche
de
celle
de
la
pâte
à
modeler.
Ni
trop
ferme,
ni
liquide
:
elle
doit
s'accrocher
à
l'hameçon
juste
le
temps
du
posé,
puis
se
déliter
rapidement
dans
l'eau.
-
Les
arômes
:
les
puristes
parfument
leur
lait
avant
de
l'incorporer
:
vanille,
anis
ou
ail
sont
les
trois
grands
classiques.
Vous
pouvez
aussi
ajouter
dans
votre
pâte
de
l'attractant
Spro
Smell
Gel
en
petite
quantité.
La
vanille
donne
une
touche
sucrée
très
appréciée
des
ablettes
en
été
;
l'anis
apporte
un
côté
anisé
persistant
qui
fonctionne
bien
en
eau
calme
;
l'ail,
plus
surprenant,
reste
une
valeur
sûre
sur
de
nombreux
cours
d'eau.
À
vous
d'expérimenter
selon
vos
secteurs
de
pêche.
Les
gels
ont
l'avantage
d'être
persistants
plus
longtemps.
La
technique
de
montage
de
la
pâte
sur
l'hameçon
Tenez
votre
hameçon
par
la
palette
entre
le
pouce
et
l'index,
puis
plantez
délicatement
la
courbure
dans
la
pâte
pour
en
prélever
une
infime
quantité;
ce
que
les
spécialistes
nomment
joliment
une
«
virgule
».
La
pâte
doit
être
à
portée
de
main
immédiate
:
soit
vous
la
déposez
dans
une
bague
prévue
à
cet
effet
(une
sorte
de
petite
coupelle
que
l'on
glisse
au
doigt),
soit,
si
vous
n'en
possédez
pas
ou
vous
placerez
simplement
une
noisette
de
pâte
sur
le
dos
de
votre
main.
Fabriquez
votre
bague
vous-même.
Peu
de
commerces
spécialisés
proposent
encore
cet
accessoire
pourtant
indispensable
(voir
sur
le
sites
de
vente
de
produits
d'occasion).
Sinon
la
solution
est
simple
et
économique
:
retournez
le
"muselet"
du
bouchon
de
champagne
sur
lui-même
et
adaptez
le
fil
métaliqque
au
diamètre
de
votre
doigt.
Vous
obtenez
une
bague
artisanale
parfaitement
fonctionnelle,
la
pâte
à
portée
immédiate,
et
les
deux
mains
libres
pour
manier
la
canne
avec
précision.
La
bague
au
doigt,
le
problème
est
définitivement
réglé.
La
touche
et
le
ferrage
:
rapidité
et
réactivité
Surveillez
votre
flotteur
sans
relâche.
La
touche
peut
se
manifester
de
deux
façons
:
le
flotteur
s'enfonce
franchement,
ferrez
immédiatement,
ou
au
contraire
il
se
soulève
légèrement,
signe
qu'un
poisson
a
saisi
l'appât
en
remontant,
soit
il
se
déplace
bizarement
:
ferrez
!
Dans
les
trois
cas,
le
ferrage
doit
être
vif
mais
sans
excès.
Rechargez
la
pâte
à
chaque
coulée
sans
attendre,
c'est
la
cadence
qui
fait
la
différence
entre
une
session
ordinaire
et
une
friture
exceptionnelle.
Et
si
le
banc
montre
des
signes
d'épuisement,
levez
le
camp
sans
hésiter.
Un
autre
banc
vous
attend
quelques
dizaines
de
mètres
plus
loin.
Cette
pêche
à
la
pâte
maison,
simple
dans
sa
conception
mais
subtile
dans
son
exécution,
offre
des
sensations
que
les
techniques
modernes
ne
procurent
pas
toujours.
Elle
récompense
le
pêcheur
observateur,
mobile
et
patient
:
celui
qui
sait
lire
l'eau
autant
que
de
préparer
sa
propre
cuisine.
à
bientôt
au
bord
de
l'eau
!
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