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daniel
PECHE EN GUYANE... PERSONNE DE VOUS CROIRA !
le koumarou... un poisson de fou !
Une énorme perche-soleil qui utilise les courants pour lutter contre le pêcheur



Une pêche de fou !

Après les yayas et d’innombrables poissons totalement inconnus, mais de tailles sommes toutes modestes, voici venu le temps de prendre de plus beaux sujets.

Notre choix se porte tout naturellement vers le Koumarou, poisson de légende, mais qui ne se laissera pas facilement berner par nos appâts traditionnels.

Déconvenues, analyses, modifications et réussites…

Attention ça va démonter !

Après les petits yayas et d'autres poissons bizarres, nous allons pêcher différemment
Nous voulons du gros, donc les Koumarous nous tentent...

Nous avons déjà relevé un défi peu commun, celui de prendre à la méthode traditionnelle du coup, une multitude de poissons « yayas ». Une pêche très singulière pour un grand nombre de spécimens ; une liste impressionnante d’espèces très différentes (une quinzaine pêchée à ce jour). Nul doute que certains ichtyologistes auraient trouvé là de quoi fouiner et améliorer les connaissances transmises par Paul Planquette.
Il n’est pas dit que nous n’envisageons pas cela
dans un futur proche.

La première conclusion qui s’impose à nous, c’est que les poissons résidents dans les eaux douces de Guyane sont attirés par le bruit caractéristique des graines et des fruits qui tombent des arbres.
Pour prendre ces poissons, il convient donc de reproduire ces bruits de chutes.

C’est la première leçon de ces deux jours et c’est ce que nous aura appris la pêche des yayas. Daniel créé un adapté à cette pêche inédite

La technique de pêche est donc la suivante :
après avoir agrainer avec quelques grains de maïs, le pêcheur doit taper la surface de l’eau
à deux ou trois reprises avec le flotteur, puis ensuite laisser partir la ligne dans le courant.
La touche est franche et immédiate.

En utilisant des fragments de graines ou des
sections de vaseux artificiels, nous avons
attrapé à quelques centimètres sous la surface
bon nombre de petits poissons dentés.

En augmentant la bouchée, avec 2 gros asticots
ou un beau maïs synthétique, ce sont les Karp denti,
Karp Jonn ou Karp tomate qui ont fait les frais
de notre quête.

Puis c’est à l’asticot, avec une ligne à traîner
sur le fond que nous avons piégé des
« poissons chiens »
et quelques autres espèces bizarres qui,
si on n’y prend garde, sont capables de vous
sectionner d’un coup sec le doigt qui traîne
trop près de leurs mâchoires.

Redoutable !

Changement de tactiques.

Notre prochain objectif est désormais le koumarou !
Et là, c’est une autre paire de manche car nous allons tenter de prendre de gros poissons, ronds et plats.  

Les plus beaux spécimens ont la taille d’une roue de Vespa. Ils utilisent les courants pour s’appuyer sur l’eau et défendrent chèrement « leurs écailles » !

N’oublions pas que leurs dentures sectionnent la plupart des nylons !
J’écoute les explications de Patrick qui a déjà capturé quelques koumarous.

La veille de notre sortie, il prépare une pâte odorante, très spéciale, à base de farine de blé, d'une amande réduite en poudre et d’ huile de Carapa
Nous passerons notre soirée, à la lueur des bougies, entre harmonica et guimbarde, à malaxer la pâte et
à créer des billes de 20mm.

Ces sortes de bouillettes seront jetées quelques secondes dans l’eau frémissante.

La boulette doit être ferme pour tenir à l’hameçon
mais suffisamment tendre pour qu'il puisse pénétrer
dans la mâchoire cartilagineuse et dentée du poisson.

La fatigue nous surprend et dans nos hamacs nous rêvons de prises toutes plus extraordinaires les unes que les autres…

Pendant la nuit, quelques animaux sont venus rôder autour du carbet et l’odeur puissante d’un Agouti ou d’un Pakira m’a réveillé vers 4 heures du matin.
Cette recette a été transmise à Patrick par un amérindien
qui le gratifia du titre honorifique " d’indien blanc "
Le sommeil ne revient pas et je distingue la brume descendre de la canopée située à plus de 50mètres au-dessus de ma tête. C'est absolument féerique, prodigieux

Plusieurs aras dérangent la quiétude des lieux et tous sens en éveil, je guette les cîmes dans l’espoir d’apercevoir l'acrobate singe atèle (singe araignée)
Déception, ce ne sera pas pour aujourd'hui.

Finalement vers 5h30 je ranime le feu de camp pour faire un café, souffle sur les braise et la flamme revient doucement lécher les morceaux de bois flotté qui offre de belles braises.

Patrick me rejoint en pleine forme.
Je sens qu'il est très émoustillé par cette partie de pêche qui se veut exceptionnelle.
Il est plein d'entrain et il veut me montrer comment aborder ce poisson de légende.
Pêche dans les courants
Après un solide petit déjeuner fait de tartines au miel nous lançons la pirogue ; direction le seuil de Takari Tanté où nous amarrons notre embarcation dans la veine principale du courant.
J’égrène par petites poignées près de 2 kilos de bouillettes White Fish pendant que Patrick arme son hameçon d’une bille de sa pâte secrète. Un buldo de 20 grammes sur une tresse de 15/°° et un hameçon 4/0.
La canne est forte, puissante.
Mon guide ne fait pas dans la dentelle !

De mon côté, je monte une canne anglaise, waggler de 15+2 et un nylon de 20/°° sur un moulinet « Spécialist » de Pezon et Michel et j’arme un hameçon N°2 monté au cheveu d’une belle bouillette blanche.
 
Je suis confiant… Je dirige correctement ma ligne et la dérive est parfaite.
Au bout de 30 minutes, deux touches, deux casses !
Le montage est  bon mais trop faible pour ces poissons hors du commun.
nous amarrons la pirogue à la sortie
du seuil de Takari Tanté dans
la veine principale du courant.

J’égrène par petites poignées près de 2 kilos de bouillettes White Fish et une dizaine de boules d'amorces "polenta et maïs".
Ça marche !
Au bout de 30 minutes, deux touches, deux casses !
La solution est dans la pâte magique.

Ces casses m’agacent un peu et c’est Patrick qui ferre
et tient enfin un koumarou.

La lutte est âpre car le poisson utilise toutes les ruses connues et inconnues pour déjouer la maîtrise du pêcheur.
Il faudra plus de 10 minutes pour remonter le poisson à bord du bateau.

Superbe ! Quel beau poisson et quel beau combat.

Je suis bien obligé d’admettre que la technique de mon guide local est supérieure à mes propres habitudes de compétiteur.
Donc je m’incline et adopte tresse, buldo hameçon 1/0 et pâte magique.
Nous ferons une très belle pêche ce matin-là
et quelques clichés immortaliseront ces moments inoubliables.
Un orage pour conclure en beauté la journée
Vers 14 heures, heureux comme des enfants, nous retournons au bivouac pour nous restaurer.
Puis une sieste réparatrice compense nos efforts, la chaleur moite du sous-bois et notre nuit agitée.
A 17 heures, c’est l’orage et nous prenons une vraie douche tonique sous un bananier dont les feuilles nous délivrent l’eau de pluie dans une profusion de jets oxygénés.
- Encore mieux que la balnéothérapie !
Après la pluie, les animaux sortent et savourent aussi cette source de vie tombée du ciel. De nombreuses photos seront les témoins de cet épisode : fourmis géantes, sauterelles, grenouilles, libellules, araignées et beaucoup d’insectes inconnus.
- Encore mieux que Koh Lanta !
Demain nous aborderons une petite île que nous avons repéré légèrement en aval. Objectif : la Karp Denti.
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Textes de #laurentdaniel
Photos de Patrick FRESQUET et #laurentdaniel
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